Les fondus du cochonnet connaissent désormais les quatre boulistes qui forment l’équipe de France pour les Mondial de pétanque 2026. Didier Choupay s’envolera pour la Thaïlande avec Mickaël Bonetto, Ludovic Montoro, Christophe Sarrio et Yohan Cousin. Dylan Rocher, Henri Lacroix et leur compère Jean Feltain regarderont la compétition depuis leur télévision, malgré leur retour officiel dans le vivier des joueurs sélectionnables. Le directeur sportif du Collectif France assume ainsi une décision forte : privilégier un groupe préparé depuis le début de l’année plutôt que recomposer sa triplette autour des palmarès les plus prestigieux.
Dylan Rocher et Henri Lacroix de l’équipe de France 2026 leur retour en sélection
Le monde sport-boules s’était pourtant emballée à peine quelques jours plus tôt. Par la voix de son président, la FFPJP relançait complètement le jeu. En effet, Michel Le Bot affirmait haut et fort que Dylan Rocher, Henri Lacroix et Jean Feltain étaient de nouveau « sélectionnables » et remis à la disposition du sélectionneur.
Didier Choupay peut donc rappeler ces trois joueurs lienciés pour les Championnats du monde de pétanque 2026 en Thaïlande. Il choisit pourtant de maintenir la ligne de conduite qu’il martèle depuis le début de l’été.
Le verdic tombe. Aucun des trois pétanqueurs ne sera du voyage pour disputer les championnats du monde de pétanque organisées du 20 au 24 novembre à Khon Kaen. Ne cherchez pas trace d’une sanction couperet émanant de la Fédération française (FFPJP). Cette mise à l’écart n’est pas une suspension déguisée. Elle résulte du choix sportif du directeur du Collectif France masculin.
Bonetto, Montoro, Sarrio et Cousin représenteront la France
La sélection française pour le Mondial de pétanque 2026 réunit donc Mickaël Bonetto, Ludovic Montoro, Christophe Sarrio et Yohan Cousin. Bonetto disputera également le championnat du monde de tir de précision.
Ce quatuor possède déjà une histoire commune. Les quatre joueurs remportent les Masters de Pétanque 2025 après une finale dominée face à Madagascar. Ils repartent ensemble sur le circuit en 2026 et accumulent les parties de boules contre les meilleures triplettes françaises et étrangères.
Cette expérience partagée constitue le cœur du choix de Didier Choupay. Bonetto, Montoro, Sarrio et Cousin connaissent leurs réactions respectives, leur manière de lire une donnée et leur comportement dans les mènes sous pression. La France ne partira pas en Thaïlande avec quatre individualités réunies au dernier moment, mais avec une équipe déjà construite.
Didier Choupay place la cohésion avant les palmarès
À son arrivée à la direction sportive, Didier Choupay annonce sa volonté de réduire le collectif. Son objectif consiste à faire jouer à la pétanque régulièrement les mêmes boulistes afin de créer des automatismes et une véritable dynamique de groupe.
Le sélectionneur va aujourd’hui au bout de cette logique. Il retient les quatre joueurs de pétanque qui ont suivi l’ensemble de la préparation prévue en début de saison. Cette continuité doit renforcer la confiance entre le pointeur, le milieu et le tireur lorsque les parties deviennent plus serrées.
Ce choix se défend pleinement. Une triplette ne gagne pas uniquement grâce à l’addition des titres individuels. L’argument se tient et possède une vraie noblesse sportive. Au jeu de pétanque pétanque, une triplette ne gagne pas parce qu’on empile des lignes de palmarès sur la feuille de match. La communication dans le cercle, la répartition des rôles et la capacité à rester unis après une mauvaise mène pèsent tout autant. Choupay préfère donc conserver son collectif plutôt que casser les automatismes à quelques semaines du Mondial.
L’affaire des paris sportifs reste en toile de fond
Mais soyons lucides. Sur les terrains comme dans les coulisses, personne ne peut totalement faire abstraction du décor. Si Rocher, Lacroix et Feltain n’ont pas revêtu le maillot bleu durant la campagne estivale, c’est d’abord en raison des secousses provoquées par l’ouverture de l’affaire liée aux soupçons de manipulation d’une partie des Masters 2025 à Levallois-Perret — dossier dans lequel apparaît également le nom de David Doerr.
Rappelons les faits et le droit. Les joueurs de boules contestent fermement ces accusations et demeurent à ce jour présumés innocents. La Fédération française de pétanque n’a jamais qualifié leur mise à l’écart du Mondial de sanction disciplinaire. Elle s’en tenant strictement au motif de la préparation collective effectuée par le quatuor Bonetto, Montoro, Sarrio et Cousin.
Il n’en demeure pas moins que cette préparation s’est précisément articulée en l’absence forcée de Rocher, Lacroix et Feltain. Sans constituer le motif officiel de cette non-sélection, cette affaire aura été le détonateur qui a contraint et façonné la méthode Choupay.
Les absences de Dylan Rocher et Henri Lacroix au sein de l’équipe de France 2026 créent un vrai débat sportif
L’absence d’Henri Lacroix interpelle particulièrement. En 2026, le « Boss » remporte le Championnat de France doublette avec David Doerr, conserve son titre national en triplette avec Doerr et Laurent Matraglia, puis gagne les Masters aux côtés de Philippe Suchaud, Philippe Quintais et Matraglia. Difficile de trouver un joueur français plus régulier cette saison.
Dylan Rocher reste lui aussi performant. Il devient champion de France triplette mixte avec Diego Rizzi et Catherine Jeanroy, tout en continuant à peser sur les plus grands concours par sa force de frappe au tir. À eux deux, Rocher et Lacroix cumulent vingt titres mondiaux.
Didier Choupay ne nie pas leur niveau. Il tranche entre deux conceptions de la sélection : choisir les champions les plus titrés du moment ou faire confiance au groupe préparé pendant toute la saison. Il retient la seconde.
Bonetto, Montoro, Sarrio et Cousin connaissent désormais la responsabilité qui accompagne ce choix. Face à la Thaïlande, Madagascar, l’Italie ou l’Espagne, chaque résultat sera comparé à ce que Rocher et Lacroix auraient pu apporter. Le pari de Didier Choupay est cohérent. Seul le terrain dira s’il conduit la France jusqu’au titre mondial.



