Philippe Quintais refuse de démissionner de l’équipe de France féminine de pétanque. Pourtant, son nom disparaît du communiqué annonçant la nouvelle sélection tricolore pour les Championnats d’Europe 2026. Entre changements de joueuses, désaccords avec la Direction technique nationale et responsabilités devenues floues, le « Roi Quintais » affirme avoir été écarté sans avoir quitté ses fonctions. FAC revient sur cette crise chez les Bleues.
Philippe Quintais refuse de démissionner après le changement de sélection
Le 2 septembre, la sélection pour les Championnats d’Europe féminins réunit Cindy Peyrot, Angélique Colombet, Nadège Baussian-Protat et Sandrine Poinsot. Philippe Quintais doit diriger cette équipe sur le terrain.
Mais le jeu se brouille avant même le début de la compétition. Cindy Peyrot quitte le collectif, puis Angélique Colombet renonce à son tour. Le 18 septembre, la FFPJP dévoile une nouvelle équipe de France féminine composée de Nadège Baussian-Protat, Sandrine Poinsot, Nelly Peyré et Toréa Tairio. Le communiqué présente Ludovic Pereira comme responsable du collectif, sans citer Philippe Quintais.
Le multiple champion du monde dément pourtant avoir rendu son tablier. Il explique avoir seulement évoqué une « possible démission » lors d’un échange tendu avec le directeur technique national, Patrice Rodriguez. Sa position tient en une phrase : « Je refuse catégoriquement de démissionner. »
Comment la crise de l’équipe de France féminine de pétanque a-t-elle commencé ?
Nommé directeur sportif du collectif senior féminin fin 2025, Philippe Quintais souhaite relancer les Bleues. Comme FAC l’expliquait lors de la nomination de Philippe Quintais auprès de l’équipe de France féminine, cette arrivée devait apporter son expérience du haut niveau et des parties de pétanque à forte pression.
Selon son communiqué, Quintais accepte la mission avec deux conditions : choisir librement ses joueuses et prendre place sur la chaise de coach. Il rappelle notamment Cindy Peyrot, Nadège Baussian-Protat, Angélique Colombet et Anna Maillard dans le collectif France pétanque 2026.
Le champion de France de pétanque 2026 raconte avoir rapidement constaté des tensions entre certaines championnes. Il évoque une vive dispute après la demi-finale du championnat de France doublette opposant Anna Maillard et Cindy Peyrot à Nelly Peyré et Audrey Bandiera. Cet épisode et ses conséquences correspondent à sa version. Cependant, les boulistes concernées et la DTN n’ont pas livré publiquement leur récit détaillé.
Ce que Philippe Quintais reproche à la DTN et à Patrice Rodriguez
Le désaccord principal porte sur la composition de la sélection des Bleues pour les prochains rendez-vous sport boules. Après le retrait de Cindy Peyrot, Quintais affirme avoir proposé plusieurs remplaçantes et essuyé différents refus. Il assure notamment que Nelly Peyré et Toréa Tairio déclinent séparément son invitation avant d’accepter d’être sélectionnées ensemble auprès de Patrice Rodriguez.
Philippe Quintais parle de « chantage des joueuses ». Il s’agit de son interprétation, pas d’un fait établi. L’ancien tireur de la Dream Team reproche surtout au DTN d’avoir repris la main sur la sélection, puis de lui avoir demandé d’écarter l’une des trois pétanqueuses encore retenues. Estimant ne plus disposer de la liberté promise, il refuse alors de coacher la nouvelle formation.
La crise dépasse donc une mésentente autour du bouchon. Elle concerne la répartition des rôles entre le directeur sportif, le responsable du collectif et la Direction technique nationale, mais aussi la cohésion du groupe tricolore.
Philippe Quintais est-il toujours directeur sportif des Bleues ?
À ce stade, la situation administrative reste incertaine. Philippe Quintais affirme n’avoir présenté aucune démission et attendre que Patrice Rodriguez lui signifie officiellement son éventuel limogeage. En revanche, sa mise à l’écart sportive paraît concrète. Il ne figure effectivement pas dans l’annonce de la nouvelle équipe menée par Ludovic Pereira.
Angélique Colombet soutient publiquement son projet et explique que l’absence de Quintais a pesé dans son retrait. De son côté, la FFPJP justifie la sélection remaniée des membres de l’équipe de France par des « difficultés » et la défection de plusieurs athlètes, sans répondre point par point aux accusations du champion.
Philippe Quintais refuse donc de démissionner parce qu’il estime ne pas avoir échoué dans sa mission. Il considère que la DTN lui a retiré ses prérogatives sans assumer publiquement cette décision. La rupture sportive semble consommée, mais son départ officiel du collectif féminin français n’est, pour l’heure, pas acté.



