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Tirer ou pointer à la pétanque : comment prendre la bonne décision ?

angelica.evalom@gmail.com

18 novembre 2020
Tirer ou pointer à la pétanque : comment prendre la bonne décision ?

La boule adverse est à 40 cm du bouchon. Les membre de l’équipe possèdent encore trois boules ; tandis que les adversaires ont deux boules restantes. Faut-il tirer ou pointer à la pétanque, dans ce genre de situation ? Ce choix peut décider de toute la mène.

Un bouliste expérimenté ne regarde jamais seulement la distance entre la boule et le cochonnet. Il compte les boules restantes, lit le terrain, tient compte du score et anticipe ce qui se passe si le coup échoue.

Article mis à jour le :

Tirer ou pointer à la pétanque : les 5 questions à se poser

Avant de jouer à la pétanque, posez-vous cinq questions simples :

  1. Où se trouve la boule qui tient le point ?
  2. Peut-on raisonnablement la battre au point ?
  3. Combien de boules restent à chaque équipe ?
  4. Que risque-t-on si le coup échoue ?
  5. Quel joueur est le plus en confiance pour ce coup ?

C’est cette lecture de la mène qui évite les décisions automatiques.

Une boule adverse à 15 cm du cochonnet ne se joue pas comme une boule à 80 cm. De la même façon, on ne prend pas le même risque avec quatre boules en main qu’avec la dernière boule de la triplette.

Quand faut-il tirer une boule adverse ?

Le tir devient logique quand la boule adverse est difficile à battre au point.

C’est particulièrement vrai si elle est :

  • collée au but en buis ;
  • bien devant et gênante ;
  • placée sur une bonne donnée ;
  • capable de protéger d’autres boules adverses ;
  • au centre d’un jeu qui peut rapporter plusieurs points.

Dans ce cas, vouloir absolument pointer peut coûter plusieurs boules de pétanque pour rien.

Sur un terrain de jeu caillouteux ou très irrégulier, le tir prend aussi davantage de valeur. Si reprendre à 30 ou 40 cm demande déjà un point exceptionnel, enlever directement la boule adverse peut être la solution la plus rationnelle.

Pour approfondir les différentes façons de frapper une boule inox ou carbone, consultez notre guide sur le tir à la pétanque.

Quand vaut-il mieux pointer ?

Pointer reste souvent le meilleur choix lorsque le point adverse est battable sans prendre un risque excessif.

Par exemple :

  • la boule adverse est à 70 ou 80 cm du bouchon ;
  • le terrain de pétanque offre une donnée propre ;
  • une boule bien placée peut fermer le jeu ;
  • le tir expose l’équipe à une grosse mène en cas d’échec ;
  • l’équipe adverse n’a presque plus de boules.

Dans ces situations, ajouter une boule devant ou reprendre simplement le point peut être beaucoup plus fort tactiquement qu’un tir de précision. Mais ne vous emballez pas ! Un bon pointeur ne cherche pas toujours à embouchonner le but, c’est-à-dire faire le fameux « biberon ». Une boule à 30 ou 40 cm devant peut suffire à obliger le tireur adverse à tirer.

Pour travailler cette partie du jeu, retrouvez notre guide comment bien pointer à la pétanque.

Tirer ou pointer à la pétanque selon le nombre de boules restantes

Le nombre de boules entre les mains de chaque joueur change complètement la décision.

Avec cinq boules contre trois, une équipe peut se permettre davantage d’agressivité. Un tir manqué laisse encore plusieurs possibilités pour reprendre la mène.

Avec une seule boule en main, la réflexion change.

Si l’adversaire tient un point à 50 cm et qu’il n’a plus de boule, pointer pour battre peut être plus rentable qu’un tir difficile.

À l’inverse, si l’équipe adverse possède encore quatre boules et tient une boule collée au cochonnet, poser simplement un deuxième point loin du but peut ne servir à rien. Il faut parfois attaquer tout de suite.

Un réflexe de milieu expérimenté consiste donc à compter les boules avant de regarder uniquement le bouchon.

Le score doit-il changer votre façon de jouer aux boules ?

Les joueurs licenciés ne se contentent pas de fixer le boulodrome. Ils suivent assidûment le score. Car, oui, le nombre de points accumulé par chaque équipe en tête-à-tête, doublette ou triplette influence la suite de la partie de pétanque.

À 1-1 ou 2-2, on peut prendre un risque pour construire une grosse mène. À 12-12, chaque erreur pèse beaucoup plus lourd.

Mais attention à ne pas devenir trop défensif uniquement parce que le score est serré.

Si la seule boule adverse est collée au bouchon et que vous devez reprendre un point presque impossible, le tir reste probablement le bon coup même à 12-12.

À l’inverse, lorsqu’on mène largement au score, inutile de chercher systématiquement trois ou quatre points si un jeu simple permet de contrôler la mène.

La bonne question est toujours :

Que se passe-t-il si ce coup réussit, et que se passe-t-il s’il échoue ?

Quel rôle pour le tireur, le pointeur et le milieu ?

Le tireur n’est pas obligé de tirer toutes les boules adverses.

Le pointeur n’est pas condamné à pointer toute la partie.

Et le milieu est souvent celui qui doit changer de registre selon la situation.

Dans les triplettes et les doubletes, le milieu peut reprendre le point quand le pointeur a échoué. Puis, il doit prendre le tir si le jeu l’exige. C’est souvent lui qui doit lire le plus vite l’évolution de la mène.

Si le tireur vient d’en manquer quatre et que le milieu touche très bien depuis le début de la partie de boules, il serait absurde d’ignorer la forme du moment.

Au jeu de pétanque, les postes existent pour organiser l’équipe. Mais ne doivent pas empêcher les boulistes de jouer leurs meilleurs coups.

Tirer ou pointer à la pétanque : notre tableau de décision

SituationRéflexe à privilégierPourquoi
Boule adverse collée au bouchonTirReprendre au point devient très difficile
Boule adverse à 70–80 cm sur terrain facilePointLe risque du tir n’est pas nécessaire
Terrain très caillouteuxTir plus intéressantLe point devient plus aléatoire
Plusieurs boules encore en mainRisque plus acceptableUne erreur peut encore être réparée
Dernière boule de l’équipeSécuriser davantageL’échec peut offrir la mène
Adversaire sans boule restanteChercher à ajouterInutile d’ouvrir le jeu sans raison
Plusieurs boules adverses groupéesTir à envisagerUne frappe peut transformer toute la mène
Tireur en difficultéRepenser le choixLa forme du moment compte

Ce tableau donne un réflexe, pas une règle absolue. Le terrain, le score et la qualité des joueurs peuvent inverser la décision.

Comment rester lucide quand la mène devient importante ?

Lors des championnats de la FFPJP comme lors des parties de pétanque conviviales, les mauvaises décisions naissent presque toujours de l’hésitation. En effet, le joueur entre dans le cercle sans savoir exactement ce qu’il va faire.

Notre conseil est simple : fixez votre choix avant de vous mettre en place. Observez le jeu, comptez les boules restantes, échangez deux mots avec vos partenaires… Puis, tranchez !

Une fois l’option validée, ne revenez plus dessus pendant votre geste. C’est le doute de dernière seconde qui retient un bras avant le lancer. Résultat : la boule jouée perd potentiellement en précision.

Pour garder les idées claires sur les terrains, pas besoin de technique complexe. Une inspiration calme, un point d’impact précis en tête et une intention nette suffisent.

Gardez aussi en tête que le coup idéal n’est pas forcément celui que vous réussissez le mieux. C’est celui qui met votre équipe dans la meilleure position pour la suite. Avant de lancer, ne vous focalisez donc pas uniquement sur le bouchon : embrassez l’ensemble de la mène.

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